Les sapeurs-pompiers s’exposent, au quotidien, à des risques invisibles mais bien réels. Parmi eux, certaines substances cancérigènes comme l’amiante présentes dans les fumées et les matériaux anciens continuent de menacer leur santé, parfois des décennies après l’exposition. L’amiante est une cause reconnue de mésothéliome pleural, un cancer de la membrane entourant les poumons, et d’autres cancers liés à l’inhalation de fibres cancérigènes.
Une profession exposée à des risques reconnus
Depuis plusieurs années, la communauté scientifique souligne que le métier de pompier s’accompagne d’un risque accru de développer certains cancers en raison d’expositions répétées à des fumées toxiques, des poussières et des produits cancérigènes liés notamment à l’amiante. Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a classé l’exposition professionnelle en tant que pompier comme cancérogène pour l’homme, avec des preuves suffisantes pour le mésothéliome et le cancer de la vessie.
Une reconnaissance officielle en France
Une avancée importante a été franchie à la fin de 2025 : un décret publié au Journal officiel le 26 décembre 2025 étend officiellement la liste des maladies professionnelles reconnues pour les sapeurs-pompiers. Désormais, le mésothéliome et le cancer de la vessie sont reconnus comme maladies professionnelles liées à l’activité de pompier, ce qui inclut les cas liés à l’exposition à l’amiante.
Cette évolution signifie que les victimes peuvent bénéficier plus facilement d’une indemnisation et d’un statut de maladie professionnelle, sans avoir à démontrer longuement que leur cancer est directement lié à leur activité opérationnelle.
Une étape essentielle pour la prévention et la justice sociale
Au-delà de l’aspect indemnitaire, cette reconnaissance est un signal fort de prise en compte des risques sanitaires bien documentés des pompiers. Elle encourage également les autorités et les services à continuer d’améliorer la prévention, les protocoles de protection respiratoire, les procédures de nettoyage des équipements et le suivi médical des personnels exposés.
Cette avancée légale s’inscrit dans une dynamique plus large de reconnaissance des cancers professionnels chez les sapeurs-pompiers, à l’instar de démarches similaires dans d’autres régions du monde qui visent à faciliter l’accès à la reconnaissance et à l’indemnisation de cancers liés au métier.